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Les Etats-Unis au défi du déclinLe Monde
Greek conservative leader says party must support bailoutDeutsche Welle
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Vers une guerre mondiale des taux d'intérêts pour capter l'épargne globale- Extrait GEAB N°31 (15 janvier 2009) -
D'ailleurs, la nouvelle étape que franchit la Fed montre bien que, sans le reconnaître, elle commence à se rendre compte qu'elle fait face à un problème d'insolvabilité généralisée aux Etats-Unis (et dans les pays connexes comme le Royaume-Uni (1)), affectant l'état fédéral, les états fédérés, les entreprises, les banques et les ménages. Ainsi a-t-elle commencé (2) à racheter les Bons du Trésor émis par le gouvernement fédéral américain. C'est bien entendu de la création monétaire pure et simple illustrant le fait que Washington est obligé de financer ses déficits désormais astronomiques par l'émission de milliers de milliards de nouveaux Dollars. Et cela ne fait que reporter le problème de solvabilité sur la Fed dont le bilan, déjà encombré d'actifs toxiques rachetés aux banques ces derniers mois, se voit encore dégradé par l'achat massif de Bons du Trésor US (T-Bonds) qui ne trouvent plus d'acheteurs (quoiqu'en disent les médias financiers dominants). Il serait en effet très étonnant que la Fed se sente obligée d'acheter des Bons du Trésor US si d'autres acheteurs étaient prêts à les acquérir. Et le contexte général incite à suspecter que la Fed achète les Bons du Trésor US depuis de nombreux mois déjà, via ses « Primary Dealers ». Deux indices alimentent cette analyse : d'une part, la Fed refuse de divulguer qui a bénéficié (et donc à quelle fin) de plusieurs dizaines de milliards de Dollars d'injection de sa part (3) ; d'autre part, même l'Allemagne, assise sur une économie saine, une orthodoxie budgétaire de référence et des excédents très importants, commence à avoir des difficultés à placer ses propres Bons du Trésor (les Bunds) (4).
La Chine ralentit ses achats de Bons du Trésor US et autres titres étrangers - Evolution du pourcentage du PNB chinois consacré à l'accroissement de ses réserves de change - Sources : National Bureau of Statistics / Banque populaire de Chine / CEIC D
Aussi, en écartant le conte pour enfants qui ferait des T-Bonds US un placement si sûr et recherché que spontanément la planète entière serait prête à les acheter, même avec un rendement négatif, la seule explication possible reste que la Fed achète (ou fait acheter) en cachette déjà depuis des mois les Bons du Trésor US.
Cette situation est d'ailleurs totalement logique dans le cadre d'une séquence d'insolvabilité globale. Les Etats-Unis avaient besoin d'attirer 80% de l'épargne mondiale pour financer leurs déficits au moment où l'économie mondiale était florissante et leurs déficits bien inférieurs à ceux qui gonflent depuis six mois. Aujourd'hui où leurs déficits ont « explosé » de 400% minimum (sinon 1.000% d'ici fin 2009) (5) tandis que la planète a perdu (et continue à perdre) des milliers de milliards d'actifs financiers (6), la problématique quotidienne de Washington est devenue : comment emprunter en 2009 500% au moins de l'épargne mondiale (et on suppose ici une stabilité de l'épargne mondiale disponible alors que la perte de valeurs d'actifs est probablement très supérieure à la tendance croissante à l'épargne du fait de la crise) ? C'est bien entendu une mission impossible, qui condamne le Dollar comme devise de référence (7), sauf à tricher et à maquiller la création monétaire en investissement de l'épargne mondiale ; et/ou, comme l'a déjà anticipé LEAP/E2020, à déclencher une « guerre mondiale de l'emprunt d'Etat » qui va voir les Etats obligés d'accroître considérablement les taux offerts pour leurs emprunts et se livrer à une surenchère sans merci pour financer leurs déficits. Le monde de 2009 est devenu insolvable et la guerre des taux va commencer (8), ruinant ceux qui ont investi dans les Bons du trésor d'états incapables de rester solvables si les taux montent fortement, c'est-à-dire, d’états (et autres acteurs économiques) fortement endettés. Fondamentalement, ce qu'essayent de faire actuellement les banques centrales qui imitent la Fed, c'est de rendre solvable des acteurs économiques qui ne le sont plus et qui ne peuvent plus l'être puisque leur modèle économiques s’est effondré. Leur espoir est qu'en maintenant la fiction d'une solvabilité suffisamment longtemps par un apport massif de liquidités, la reprise surviendra et permettra de masquer l'opération. C'est malin mais, hélas, on ne triche pas avec l'Histoire. Or la crise actuelle est de dimension historique. Sa durée pour nombre de pays (dont les Etats-Unis) risque d'égaler celle de la crise de 1873-1896 tandis que son impact socio-économique ressemblera à celui de 1929 mais à l'échelle de la planète (9). La stratégie des banques centrales américaine et britannique conduit à un désastre car une fois l'évidence installée dans les esprits que la crise va durer bien au-delà de 2009 (point d'inflexion que notre équipe situe autour de Mars 2009, voir GEAB N°30), l'insolvabilité des acteurs publics et privés concernés sera impossible à camoufler et les milliers de milliards engloutis dans l'apport de liquidités deviendront des dettes explosives pour les Etats et les banques centrales qui les auront créées.
Périodes de chômage et crises bancaires : analyse des pics - Accroissement en pourcentage du taux de chômage (à gauche) / Durée de la récession (en année) - Source : Reinhart/Roggoff, US National Bureau of Economic Research (19/12/2008)
Concrètement, les gouvernements doivent arrêter de penser en termes de plans de « relance » ou de « stimulation » car il n'y aura pas de solution de continuité entre hier et demain. Ils doivent au contraire mettre en place des « plans de traversée de crise », à savoir une double démarche de protection des populations les plus exposées (notamment les chômeurs ou les actifs susceptibles d'être licenciés prochainement) et des acteurs économiques sains (c'est-à-dire non endettés et disposant d'un modèle économique viable dans les années à venir), tout en soutenant les processus socio-économiques nouveaux qui seront profondément différents de ce que le monde a connu ces dernières deux décennies.
En surveillant le langage des dirigeants, il sera possible de déterminer à quel moment les premiers commenceront à comprendre dans quelle crise le monde est dorénavant entré. Pour 2009, LEAP/E2020 se fait peu d'illusion hélas en la matière. Préparez-vous donc à un dangereux cocktail d'inefficacité, de déni de réalité et de surenchère, le tout sur fond de course généralisée à l'épargne mondiale.
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Notes: (1) La Banque d'Angleterre s'est lancée elle aussi dans l'impression sans limite de Livres Sterling. Et pour tenter de camoufler l'ampleur de la création monétaire envisagée, le gouvernement britannique fait disparaître l'obligation (datant de 1844) pour la Banque centrale anglaise de publier son bilan hebdomadaire. Source : Telegraph, 12/01/2009. Et là aussi des voix s'élèvent pour dénoncer une fuite en avant désastreuse qui tente de guérir l'endettement par un endettement encore plus grand ou, pour reprendre notre analyse, qui prétend guérir l'insolvabilité par un apport de liquidité. Source : Independent, 11/01/2009. (2) En fait ce processus est en action depuis déjà plusieurs années selon LEAP/E2020 qui l'avait analysé dans différents numéros du GEAB dès 2006, mais il était à l'époque effectué discrètement via les « Primary Dealers ». Désormais, la crise oblige à le faire publiquement et directement étant donnés les montants impliqués. (3) Bloomberg, peu suspect de sentiments anti-Wall Street, a d'ailleurs intenté un procès à la Réserve fédérale à ce sujet, notamment pour savoir quels étaient les actifs apportés en garantie à la Fed par les banques aidées… pour l'instant sans aucun résultat (source : SeekingAlpha, 15/12/2008). Et ce n'est pas du futur Secrétaire d'Etat au Trésor (Timothy Geithner), qui a notamment laissé Citigroup devenir un géant aux pieds d'argile en relâchant sa régulation par la Fed de New-York dont il était le président, qu'on risque de voir naître une farouche volonté de transparence en la matière. (4) Source : Bloomberg, 07/01/2009 (5) L'estimation actuelle d'un déficit public fédéral américain pour 2009 à 1.200 milliards USD est très timorée car elle n'inclut pas le plan de relance de Barak Obama, elle voit en « rose » le coût réel des sauvetages initiés depuis 6 mois et elle sous-estime les pertes de recettes fiscales. Pour notre équipe, le déficit fédéral américain 2009 se situera au minimum dans la zone des 2.000 milliards USD (contre 455 Milliards USD en 2008). Ainsi pour l'instant personne ne comptabilise la demande de plus de 1.000 milliards des états fédérés ou le « trou de financement » des retraites par les entreprises américaines qui atteindra plus de 100 milliards USD juste pour l'année 2009. Sources : Reuters, 13/01/2009; NewYorkTimes, 13/01/2009 (6) Les réserves de change de la Chine ont baissé en 2008 pour la première fois depuis 5 ans. Source : Bloomberg, 22/12/2008. (7) D'ailleurs, durant la période de Noël dernier, la Chine a discrètement autorisé ses opérateurs des principales régions exportatrices à utiliser le Yuan au lieu du Dollar US pour commercer avec les pays de l'ASEAN. Ce test grandeur nature préfigure une évolution accélérée dans cette direction dans la seconde moitié de 2009. Source : TimesofIndia, 25/12/2008. Pour bien anticiper 2009, il est désormais nécessaire d'analyser la vision chinoise de l'année 2009 et des risques qu'elle comporte. Cet article de Xinhuanet, consacré aux prévisions pour 2009 et intitulé « Changements prononcés dans le paysage politique et économique mondiale », est très instructif en la matière. Source : Xinhuanet, 28/12/2008 (8) Et elle sera parallèle à une guerre commerciale puisque les Etats-Unis, avec leurs plans de sauvetage à répétition qui ignorent les règles de concurrence de l'OMC et leur nouvelle majorité démocrate, vont céder aux sirènes des grands groupes industriels des secteurs automobile et sidérurgique et mettre en place une politique de « Buy American ». Source : CNBC, 02/01/2009 (9) Cette crise de 1873-1896, appelée aussi « Grande Dépression » par les économistes, a été la première à avoir une réelle envergure mondiale. Sa durée démontre que les crises peuvent s'étaler sur une très longue période de temps, plus longue encore que celle des années 1930. Cette crise a en effet duré 23 ans. Son déroulement comporte nombre de similitudes avec celle que nous traversons aujourd'hui : crise de l'immobilier, bulles financières, fragilité des banques trop exposées à une forte spéculation, insolvabilité d'un grand nombre d'opérateurs, contamination par les flux financiers et commerciaux d'une première mondialisation, investissements sans discernement dans l' « Eldorado » américain (aujourd'hui la Chine par exemple). Le travail remarquable de Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, dont est extrait le graphique ci-joint sur la corrélation des pics de chômage et des crises bancaires, pourrait ainsi utilement être complété par l'analyse de cette crise de 1873-1896. Pour compléter, on peut aussi lire un intéressant article sur cette crise, avec un regard plus canadien/québécois, dans le Devoir (09/10/2008). Mardi 26 Mai 2009
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Avec ce GEAB N°61, cela fera six ans que chaque mois l'équipe de LEAP/E2020 partage avec ses abonnés et les lecteurs de son communiqué public mensuel ses anticipations sur l'évolution de la crise systémique globale. Et pour la première fois, à l'occasion du numéro de Janvier qui présente une synthèse de nos anticipations pour l'année à venir, notre équipe anticipe une année qui ne se traduira pas uniquement par une aggravation de la crise mondiale mais qui sera aussi caractérisée par l'émergence des premiers éléments constructifs du « monde d'après la crise »… (page 2) Lire communiqué public USA 2012: En route vers la tragédie du QE3 La politique financière des USA se trouve confrontée aujourd’hui à la crise des dettes souveraines dont elle sera la victime ultime en 2012. Comme anticipé par LEAP/E2020, le détonateur des dettes européennes de 2011 a bien allumé la bombe souveraine américaine de 2012, même si la couverture médiatique tente désespérément de faire croire le contraire. La vente massive de Bons du Trésor US par les grandes banques centrales de la planète au second semestre 2011 illustre d'ailleurs parfaitement cette situation… (page 7) S'abonner ANTICIPATIONS 2012 - ‘20-UP AND 15-DOWN’, TRENTE-CINQ TENDANCES-CLES POUR 2012 Up ou Down ? La paralysie politique aux Etats-Unis ; La City et Wall Street ; L'Occident en tant que communauté d'intérêt et de valeurs ; La hausse des taux d'intérêt ; La confiscation de la valeur à Wall Street et la City ; La valeur des réserves chinoises ; La Livre sterling (et les Gilts) ; L'émergence du nouveau souverain européen : l'Euroland ; La « petite guerre froide » USA-Chine ; L'Italie ; La crise de l'Euro ; L'importance du Dollar US dans les transactions commerciales mondiales ; Les agences de notation ; Le « grand emprunt public européen » (GEPE) ; MerkHollMont ; Ron Paul ; La poursuite du retour de l'or dans le système monétaire international ; La récessflation ; Le nombre, la taille et l'influence des banques occidentales ; Sarkozy, Cameron, Netanyahou et Medvedev ; La maturation des BRICS comme acteur mondial pro-actif ; La sortie de la Turquie du camp occidental ; L'Eurotaxe Tobin ; Les forces laïques et pro-occidentales dans le monde musulman ; La croissance ; Les procès de dirigeants de banques et de hedge funds ; La fracture du système monétaire mondial en trois zones : Dollar, Euro, Yuan ; La décote généralisée des dettes publiques occidentales ; La colère des peuples ; L'UE en tant que principale incarnation de l'Europe ; QE3 comme arme ultime pour sauver l'économie US ; La capacité des USA à intervenir militairement ; Le détroit d'Ormuz et un nouveau contexte de crise au Moyen-Orient ; L'indépendance de l'Ecosse; L'utilité du G20 (page 19) S'abonner Le GlobalEurometre - Résultats & Analyses On note un renforcement de la majorité estimant que les solutions européennes communes à la crise sont plus efficaces que les solutions nationales (80% en Janvier 2012 contre 77% en Décembre 2011)… (page 33) S'abonner
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Crise systémique globale - USA 2012/2016 : Un pays insolvable et ingouvernable