'El 76% de los europeos creen que la crisis no finalizará antes de 2012' (GlobalEurometre de junio de 2009)
'76 percent of the Europeans estimate that the crisis will not be over by 2012' (GlobalEurometre June 2009)
'76% des Européens estiment que la crise ne sera pas terminée d'ici 2012' (GlobalEuromètre de juin 2009)
'76% der Europäer gehen davon aus, dass die Krise nicht bis 2012 beendet sein wird' (GlobalEurometer Juni 2009)
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De plus en plus d'Américains souffrent de la faimYahoo/Reuters
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Une société américaine en implosion : La classe moyenne est sacrifiée entre l’effondrement sans fin des prix de l’immobilier et une disparité des revenus désormais supérieure à celle de 1928- Extrait GEAB N°14 (15 avril 2007) -
Anticipé par LEAP/E2020 dès Février 2006, l’éclatement de la bulle immobilière américaine est désormais au cœur d’une tragédie socio-économique qui affecte directement des dizaines de millions d’Américains et dont les conséquences s’étendent chaque jour plus profondément dans le système financier du pays.
Ainsi le phénomène prend des dimensions historiques puisque selon l’association des agents immobiliers américains (peu suspecte de noircir le tableau), 2007 va être la première année de baisse nationale du prix du logement depuis trente-huit ans (1) au moins (puisque c’est seulement depuis 1968 que cet indicateur est calculé). Cette baisse d’environ 1% est d’ailleurs conforme aux prévisions du chef économiste de Fanny Mae, Dave Berson, rendues publiques en Février dernier (2). Par ailleurs, la contagion prévue par LEAP/E2020 est bien en cours et elle affecte désormais non seulement les prêts immobiliers de « meilleure classe » que les fameux « prêts à risques », mais aussi l’ensemble des crédits à la consommation : véhicules, électroménager, ...
Et si les grands établissements financiers américains (ou opérant aux Etats-Unis) tentent désespérément, avec l’aide des autorités du pays, de faire durer les fictions d’un « atterrissage en douceur », d’une « crise immobilière contenue », d’une « relance par les investissements d’entreprise » ou encore « par les commandes de l’étranger » (selon les jours), il est dorénavant évident pour nos chercheurs que « la messe est dite ». Pour un grand nombre d’Américains, la question n’est d’ailleurs plus de savoir si l’économie américaine est entrée en récession (3), mais seulement de savoir quand cette récession sera reconnue et quelle en sera l’ampleur (tant en terme de durée que d’impact). Il n’y a que pour la Réserve fédérale US et les grands opérateurs financiers que cette perspective reste tabou. Et pour cause, puisque : . pour la Fed, reconnaître cette réalité lui imposera de commencer à baisser ses taux (ce qu’elle fera avant la fin du Printemps 2007 selon LEAP/E2020) alors même qu’elle sait très bien que cela va accélérer à la fois la chute de la monnaie américaine et l’inflation ; . et pour les grands acteurs financiers (Goldmann Sachs, Morgan Stanley, Merrill Lynch, ... ), cela constitue littéralement l’implosion de la bulle financière sur laquelle ils surfent depuis plusieurs années (4).
Pour la Fed, comme pour ces grands opérateurs financiers avec qui elle est intimement liée (cf. les GEAB N°2 à N°8), cette perspective est évidemment le pire scénario envisageable puisqu’ils seraient conjointement en pleine crise eux-mêmes et identifiés parmi les principaux responsables de la Très Grande Dépression elle-même. C’est d’ailleurs une tendance que même les médias financiers spécialisés américains commencent à refléter comme l’illustre un article de Christine Richard intitulé « Les perdants des prêts à risque accusent Bear, Crédit Suisse, JPMorgan, Morgan Stanley,... » (5). Au rythme où s’accélère la crise, l’ensemble des grands opérateurs financiers US (ou opérant aux Etats-Unis) va se trouver prochainement pris dans une tourmente financière et légale, avec son cortège de procès de dirigeants et de brokers (6), de faillites et de licenciements massifs.
Pour l’instant ces établissements financiers continuent à essayer de cacher l’importance de leurs pertes en utilisant de nouveaux artifices comptables, comme le FAS 159 (7), qui leur permet d’imputer ces pertes (notamment résultant de la crise des prêts immobiliers à risque) sur leur capital plutôt que sur leur revenu (8). Mais avant de développer plus avant les six tendances qui vont dominer le trimestre à venir, l’équipe LEAP/E2020 souhaite s’attarder sur la dimension socio-politique de la profonde crise en cours aux Etats-Unis. Ainsi, comme l’ont illustré récemment les remarquables travaux de Thomas Piketty et Emmanuel Saez sur l’évolution des hauts revenus aux Etats-Unis (9), les disparités de revenus sont désormais semblables à celles qui existaient à la veille de la Grande Dépression de la fin des années 20. Ainsi, alors que le ratio entre les revenus des 0,01% les plus riches et la moyenne des 90% les plus pauvres variait autour de 170/180 au cours des années 1950 à 1980, il a bondi à plus de 880 en 2005, soit à peu près au même niveau (891) que celui qui prévalait en 1928. La courbe ci-dessous illustre d’ailleurs clairement le retour de la société américaine aux inégalités de revenus qui ont caractérisé la période pré-1929.
Pour l’équipe LEAP/E2020, au-delà des analyses purement économiques, cette situation confirme que l’année 2007 va être caractérisée par l’entrée des Etats-Unis dans la « Très Grande Dépression » car elle est porteuse de tensions sociales et politiques immenses que la montée en puissance des expulsions suite aux saisies immobilières illustre déjà (10) et que la récession économique qui commence va démultiplier. La société américaine est en train de se scinder en deux classes, l’une pauvre et l’autre très riche. Et la classe moyenne, en cette année 2007, bascule dans la classe pauvre.
Ainsi pour nos chercheurs, les tendances économiques en cours, parce qu’elles se greffent sur des tendances historiques lourdes affectant les équilibres sociaux et politiques depuis plusieurs décennies (cf. GEAB N°11,12 et 13), ont un impact dévastateur démultiplié. Comme nous l’indiquions dans le précédent numéro du GEAB, la crise de 1929 a éclaté dans un cadre historique qui voyait s’affirmer la puissance américaine. Les tendances fondamentales sous-jacentes étaient donc positives pour les Etats-Unis. La dépression actuelle survient dans un contexte historique inverse. En dépassant, en Avril 2007, le point d’inflexion de la phase d’impact de la crise systémique globale, les évolutions s’accélèrent, et surtout leurs conséquences s’intensifient et deviennent sensibles pour le plus grand nombre. Et ce n’est pas le récent exemple de Circuit City Stores, le deuxième réseau américain de vente au détail de produits électroniques de grande consommation, qui peut laisser envisager le contraire. En effet, fin Mars, la société a annoncé qu’elle licenciait 3.400 vendeurs, soit 8,5% de ses employés en magasin, pour cause de salaires trop élevés (10-11 USD/heure) et qu’elle proposait d’embaucher un nombre équivalent de personnes à un salaire nettement moindre (8 USD/heure) (11) : le passage de la classe moyenne à la classe défavorisée, c’est aussi ce type de processus qui a bien entendu le mérite statistique de faire in fine monter le chiffre des embauches.
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Notes: (1) Source : National Association of Realtors, 04/2007 (2) Sources : « Housing still on down slope », MarketWatch/DowJones, 08/02/2007 et OFHEO (Office of Federal Housing Enterprise Oversight). (3) Ainsi ce sont désormais 60% des Américains qui anticipent une récession dans les 12 mois. Source : « Most Americans see recession in the next 12 months », Bloomberg, 11/04/2007 (4) Comme le font d’ailleurs remarquer, à propos de Merrill Lynch, les spécialistes de Bank of America. Source : « Merrill’s subprime risk high », New-York Post, 29/03/2007 (5) “Subprime Losers Blame Bear, Credit Suisse, JPM, Morgan Stanley “, Bloomberg, 11/04/2007 (6) Parmi de nombreux autres exemples qui commencent à apparaître dans la presse américaine : « Countrywide leads insiders selling spreee », TheStreet.com, 23/03/2007 (7) Source : “Statement of financial accounting standards N°159”, Financial Accounting Standards Board, 02/2007 (8) Source : “U.S. accounting change sparks mortgage bond sales”, Reuters, 04/04/2007 (9) “The evolution of top incomes : a historical and international perspective”, Thomas Piketty et Emmanuel Saez, Econometrics Laboratory Software Archives, University of Berkeley, 2006 (10) A titre d’exemple, en Californie, en Mars 2007, les ventes de biens immobiliers saisis ont représenté 15% de l’ensemble des ventes immobilières dans l’Etat. Et il suffit de parcourir la presse locale américaine, qui est remplie d’articles sur ce sujet, pour mesurer l’ampleur du phénomène, comme par exemple à l’autre bout des Etats-Unis sur la côte Est à Boston où le taux de saisies immobilières bat désormais un nouveau record chaque mois. Sources : Central Valley Business Times, 05/04/2007 ; Boston Herald, 29/03/2007 (11) Source : Chicago Tribune://, 29/03/2007 Vendredi 31 Août 2007
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