Stagflation de l'économie globale : Recessflation aux USA, croissance molle en Europe, récession (3° Trimestre 2007 – 2° Trimestre 2009)


- Extrait GEAB N°18 (15 octobre 2007) -



Stagflation de l'économie globale : Recessflation aux USA, croissance molle en Europe, récession (3° Trimestre 2007 – 2° Trimestre 2009)
Le 15 octobre dernier, dans le GEAB N°18, LEAP/E2020 anticipait ceci:

Pour LEAP/E2020, l'information-clé des derniers mois est la confirmation de l'insolvabilité du consommateur américain qui est donc en train de supprimer le facteur principal de la croissance américaine de ces dernières années. Les deux « moteurs » supposés pendre le relais ont fait long feu. L'investissement des entreprises n'est même plus mentionné par les plus optimistes des analystes (1). Et l'exportation reste totalement insuffisante pour se substituer aux consommateurs comme le prouve les très faibles variations du déficit commercial américain qui continue à se situer entre 55 milliards et 60 milliards de dollars par mois (donc quasiment stable), alors qu'en douze mois la devise américaine a perdu entre 15% et 20% de sa valeur par rapport aux autres grandes devises.

En conséquence de quoi, LEAP/E2020 maintient son diagnostic d'une récession déjà en cours (2) mais masquée par les statistiques officielles qui ont par exemple comptabilisé des centaines de milliers de créations d'emploi dans l'immobilier et le bâtiment au cours des 9 premiers mois de l'année 2007. Si c'est le cas, l'économie américaine obéit désormais à des règles qui n'ont plus rien à voir avec l'économie de marché. Les services, notamment financiers, étaient ces derniers mois l'un des seuls secteurs qui créait réellement des emplois. C'est désormais terminé avec les licenciements en série que les établissements financiers annoncent chaque jour. Il ne reste en fait quasiment plus que les emplois gouvernementaux pour contribuer positivement à la création d'emplois chaque mois. Créer des fonctionnaires, voilà un signe clair d'une économie qui évite la récession. Le taux de chômage reste presque stable car la participation au marché du travail diminue selon les statistiques officielles. Moins de gens veulent travailler, donc les licenciements sont largement compensés dans les chiffres. Dans la réalité, c’est une autre affaire (3).

Si quelque chose monte en revanche, c'est sans conteste les prix. L'inflation s'affirme à nouveau dans le monde entier, Etats-Unis compris (4). De la Chine, atelier du monde (où elle dépasse les 10%), aux matières premières agricoles (blé et lait pulvérisent des records), les prix des biens de consommation courante sont partis pour connaître de fortes hausses dans les mois et années à venir.

La zone Euro va quant à elle connaître un ralentissement significatif sans pour autant tomber en récession car elle est désormais plus liée commercialement et économiquement à l'Asie qu'aux Etats-Unis. Seule la sphère financière européenne reste incestueusement liée à celle d'outre-Atlantique.

Pour le Royaume-Uni, les perspectives sont plus sombres car son économie est très exposée aux évolutions américaines et très dépendante de la finance. La récession est probablement au rendez-vous (5).

Pour l'Asie, LEAP/E2020 estime que la situation va dépendre de la rapidité des pays asiatiques à surmonter les effets de la récession US en dynamisant leurs échanges intra-régionaux et ceux avec l'Europe. Sur cette séquence de moins de deux ans, elle suivra probablement un processus rapide de micro-récession suivi d'une reprise rapide.

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Notes :

(1) « Why a weak US Dollar hurts US manufacturers », Euro Pacific Capital, 12/10/2007

(2) « Economy sends off warning flares », Washington Post, 25/09/2007

(3) « Massive jobs disaster », Mish’s Global Economic Trend analysis, 23/09/2007

(4) « Beware – the Bernanke Fed could ignite hyper-inflation! », Financial Sense, 19/09/2007

(5) « Signs of slowdown in Britain », Spiegel/BusinessWeek, 10/10/2007

Mardi 5 Février 2008
LEAP/E2020
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GEAB N°65 - Sommaire

- Publié le 15 mai 2012 -

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