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Prise de conscience de l’impasse de la politique des taux US : vers la stagflation ou vers l’hyper-inflation ?- Communiqué GEAB N°6 (15 juin 2006) -
Les acteurs financiers et boursiers ont ainsi désormais l’œil fixé sur le seul et unique indicateur constitué par l’évolution des taux d’intérêts fixés par les banques centrales et en particulier celui de la Réserve fédérale américaine. Ce sont en effet les Etats-Unis, du fait de leur rôle central dans le système financier mondial, qui jouent le rôle de catalyseur des espoirs et des craintes ; et dont les autorités financières vont, au cours de cette phase II, accélérer la crise. Le gouvernement et la Réserve fédérale US ont en effet conduit leur économie et l’ensemble des marchés financiers dans une impasse totale. Le retour de l’inflation entraîne en effet une remontée des taux d’intérêt partout dans le monde et la perte de confiance dans l’économie américaine réelle (sur fond de perte de confiance généralisée dans les Etats-Unis) impose désormais un choix dramatique entre deux solutions aux conséquences douloureuses :
. Solution 1 - vers la stagflation : hausse des taux d’intérêt US pour lutter contre l’inflation et préserver la crédibilité du Dollar (puisque seul le différentiel de taux d’intérêt avec l’UE ou le Japon maintient désormais sa valeur relative), mais accélérer l’effondrement de la croissance de l’économie des Etats-Unis, en faisant exploser la « bulle immobilière » déjà en train de se dégonfler rapidement et en cassant la consommation des ménages (sur laquelle repose l’essentiel de la croissance US depuis 5 ans). Inflation, taux d’intérêts élevés et croissance en berne, voire récession, on retrouve ainsi une situation bien connue qui a prévalu au cours des années 70 : la stagflation [1].
. Solution 2 – vers l’hyperinflation : stabilité des taux d’intérêts US (et donc baisse de leur valeur relative par rapport à l’UE et au Japon) pour essayer (sans garantie étant donné l’état actuel de l’économie US [2]) de maintenir la croissance intérieure américaine et provoquer un effondrement du Dollar dont la valeur ne « tient » plus qu’à ce différentiel, entraînant l’interruption brutale du financement par le reste du monde des déficits américains (commercial et public) et donc une crise financière globale. Cette décision bien entendu laisse le champ libre à l’inflation en tentant de privilégier la croissance mais ouvre une période de perte généralisée de confiance qui renforce, avec l’effondrement du Dollar, une très forte pression inflationniste aux Etats-Unis pouvant conduire à l’hyper-inflation [3].
LEAP/E2020 estime que la Reserve Fédérale US, dont les actionnaires sont des grandes banques [4], choisira la Solution 1 car dans le second cas la Réserve fédérale se trouve elle-même marginalisée perdant la possibilité d’utiliser l’un de ses principaux instruments d’action (les taux d’intérêt). Par ailleurs, l’actuel président de la Réserve fédérale est convaincu que parallèlement à une hausse des taux d’intérêt, un apport supplémentaire de liquidités [5] à l’économie permettra à cette dernière de repartir sur le chemin de la croissance [6]. Pour l’équipe de LEAP/E2020, aucune des deux solutions envisageables par les autorités américaines n’étant en mesure de remédier à la crise systémique globale, leur choix sera en fait essentiellement déterminant sur la forme et l’ampleur de la phase III de la crise systémique globale, phase dite d’ «impact ». Le reste du monde ne sera en effet pas affecté de la même manière selon que les autorités américaines choisissent la solution 1 ou la solution 2.
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Notes: 1. Définition stagflation : source Wikipédia 2. Le gouvernement américain et la Réserve fédérale peuvent même décider, en année électorale, une baisse en valeur absolue des taux US pour relancer une machine économique déjà sur le chemin de la récession. 3. Définition Hyperinflation : source Wikipedia 4. La structure de la Reserve fédérale des Etats-Unis est en effet assez archaïque. Elle ressemble à celle des banques centrales européennes d’avant les années 30. Elle a été créé en 1913 et est de facto une banque dont les actionnaires sont des banques privées. Ainsi, le futur Ministre des Finances américain, Henry Paulson, est l’ancien président de la banque Goldman Sachs qui est elle-même un actionnaire important de la Reserve fédérale des Etats-Unis 5.Source : Reserve Fédérale – Novembre 2002 – Discours de Ben Bernanke 6. La suppression de la publication de l’indicateur M3 (voir Alerte de Février 2006 ) permet notamment d’effectuer simultanément les deux opérations sans que la seconde, la création de monnaie, ne soit aisément décelable. Jeudi 7 Juin 2007
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GEAB N°43 - Sommaire- Publié le 15 mars 2010 -
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