Un Super-Comité de l’Euroland au sein du Parlement européen ? En route vers le premier Parlement supra-national du monde

LEAP souhaite faire une proposition de compromis permettant à l’actuel Parlement européen de rester au cœur du système démocratique européen en effectuant une petite évolution structurelle : qu’il créé en son sein un super-comité de l’Euroland, soit la contrepartie démocratique du système institutionnel eurolandais, qui ne regrouperait que des parlementaires de la zone euro (et éventuellement des parlementaires de pays candidats à l’euro sous le statut d’observateurs) élus par l’ensemble des membres du Parlement européen en début de mandat (ou de création du dit Comité)...

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LEAP/Euroland
24/10/2014

L'insoutenable légèreté des QE de l'été 2012 – les banques centrales américaine, britannique et japonaise hors-jeu (Extrait)


- Extrait GEAB N°66 (15 Juin 2012) -



L'insoutenable légèreté des QE de l'été 2012 – les banques centrales américaine, britannique et japonaise hors-jeu (Extrait)
Extrait du GEAB du 15 juin 2012 :

Comme nous l'avions indiqué en Janvier dernier dans le GEAB N°61, La Réserve fédérale US est désormais devant un dilemme insoluble, faire ou ne pas faire QE3 :

« La FED aura-t-elle le moyen de faire un QE3 ? La réponse est « oui » si on considère uniquement les facteurs légaux, financiers et économiques. Le mode de fonctionnement de la FED lui permet en théorie de prendre ce type de décision librement. Mais même dans des conditions de décision « traditionnelle », QE3 ne sera pas un choix fait de gaieté de cœur. Un nouveau cycle de monétisation ne sera que le produit d’une dégradation de la dette souveraine des USA placée sous la pression des agences de notation ou des investisseurs. Les banques accepteront-elles de financer la FED ? Une telle question est peu pertinente. Dans un marché financier tournant au ralenti, prêter des fonds à la FED restera une bonne affaire. Certes, les intérêts sont faibles, mais le risque est nul.

Pourtant, si on considère la question sous l'angle géopolitique et politique, la réponse est « non ». Comme l'équipe de LEAP/E2020 l'a déjà amplement expliqué dans des GEAB précédents, le contexte décisionnel de la FED est désormais tout sauf « traditionnel ». La banque centrale américaine est en butte à une opposition politique interne et une opposition géopolitique externe sans précédent concernant le lancement d'un nouveau programme massif de Quantitative Easing. Ces forces, dans un contexte où Washington est déjà un géant paralytique en manière décisionnelle, peuvent conduire à bloquer la tentative de Ben Bernanke et confrères de se lancer dans l'aventure d'un QE3, laissant donc les Etats-Unis continuer leur parcours de bateau-ivre, aboutissant aux anticipations 2012-2016 présentées dans le GEAB N°60.

L'importance de l'anticipation sur le lancement du QE3 présentée ci-dessus permet de prendre conscience que 2012 va bien être une année de basculement géopolitique majeur : aucune des options à la disposition (QE3 ou pas de QE3) des autorités américaines ne permet plus d'éviter le crash du tandem Dollar/T-Bond. Les portes du monde d'après la crise s'ouvriront donc fin 2012. »

Les banques centrales américaine, britannique (1) et japonaise ne peuvent que constater que leurs injections massives de liquidités n'ont créé aucune croissance. Et qu'en fait elles coûtent de plus en plus cher à l'économie réelle de leurs pays. Aux Etats-Unis, on s'approche des 3$ supplémentaires d'endettement pour pouvoir générer 1$ de croissance (2). Le Japon est en stagnation depuis vingt ans malgré des overdoses de stimulus financiers. Et la Banque d'Angleterre est sous les feux d'une critique croissante pour son incapacité à avoir empêché le Royaume-Uni de retomber en récession malgré ses QE en série (3).

Peu à peu un nombre croissant de responsables politiques et économiques prennent conscience que les mesures de stimulus monétaro-financières n'ont qu'un effet certain (4) : elles asphyxient toujours un peu plus l'économie réelle (5) pour tenter de sauver des banques insolvables / insauvables.

La BCE est dans une catégorie à part car elle est au cœur du processus complexe et chaotique d'organisation de la gouvernance économique et financière de l'Euroland. Or ce processus n'en est qu'à ses débuts, et les limites et options disponibles vont évoluer dans les 6 à 12 mois à venir. A l'inverse les trois autres banques sont bien insérées dans un système établi et très rigide, donc très prévisible.

Le non-renouvellement depuis le début de la crise des présidents des instituts d'émission américain, nippon et britannique, à savoir Ben Bernanke (en fonction depuis 2006), Masaaki Shirakawa (en fonction depuis 2008) et Mervyn King (en fonction depuis 2003), distingue également ces trois banques centrales de la BCE qui a changé de président il y a quelques mois. Sans préjuger le moins du monde des prestations futures de Mario Draghi à la tête de la BCE, il ne fait aucun doute que ses trois homologues appartiennent au monde d'avant la crise. La période Septembre/Octobre 2012 devrait donc également porter un coup fatal à leurs crédibilités déjà bien entamées.

Les marchés peuvent toujours attendre les QE et Opérations Twist avec impatience (6). Dans la configuration mondiale actuelle leur impact sera très bref puisque la confiance générale s'évapore et va continuer à s'évaporer au fur et à mesure des chaleurs de l'été 2012 (7).

Pour les Etats-Unis et le Royaume-Uni en particulier, qui dépendent massivement du flux de capitaux extérieurs pour équilibrer leurs finances publiques et privées (8), cette situation va se traduire par un « collapsus économique » brutal, équivalent dans l'économie réelle du choc financier « à la Lehman Brothers » de Septembre 2008. Et il imposera au total, à Londres et New York, des plans de sauvetage bancaire d'au moins 500 Milliards USD qui, cette fois-ci, surtout en période pré-électorale aux Etats-Unis, laisseront la majorité des actionnaires et détenteurs d'obligations assumer les pertes (9).

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Notes:

(1) Sources : Telegraph, 24/05/2012 ; Telegraph, 23/06/2012 ; Independent, 11/06/2012 ; Wall Street Journal, 15/06/2012

(2) Source : MarketWatch, 14/06/2012

(3) A propos du Royaume-Uni, même les membres du Parti Conservateur (y compris les Eurosceptiques) critiquent désormais leurs dirigeants David Cameron et Michael Osborne (ministre des Finances) pour leur attitude ridicule consistant à accuser l'Euroland d'être la cause de tous les problèmes actuels de l'économie britannique. Cela indique à la fois le sérieux de la situation et le côté aberrant des discours britanniques (gouvernement et médias financiers) sur la crise grecque et l'Euro. Il faut reconnaître qu'on est de plus en plus dans le registre des Monty Python en la matière. Ainsi le Guardian rapporte très sérieusement le 26/05/2012 que le gouvernement britannique étudie un plan pour bloquer la vague migratoire vers la Grande-Bretagne que ne manquera pas de déclencher l'inévitable effondrement de la zone Euro. Après le « Ministry of Silly Walks », le « Government of Silly Statements » ?

(4) On en voit encore une illustration avec l'annonce d'un plan de 100 milliards£ pour soi-disant « sauver le Royaume-Uni » de la crise de l'Euro ; alors qu'il s'agit en fait de x-ième tentative de la Banque d'Angleterre et du Trésor britannique de relancer une économie en récession et de financer ses déficits publics incontrôlables. A leur décharge, Barack Obama s'y est mis aussi pour tenter d'occulter l'échec de sa politique économique et des QE de la FED. Ces derniers temps, seuls les feux de forêts de l'Ouest américain semblent ne pas avoir été mis sur le compte de la crise grecque. Sources : Telegraph, 10/06/2012 ; WashingtonPost, 15/06/2012 ; Telegraph, 15/06/2012

(5) Source : USAToday, 15/06/2012

(6) Sources : Reuters, 13/06/2012 ; ZeroHedge, 14/06/2012

(7) Dans le cas britannique, on peut prendre la mesure de cette situation grâce au rapport de Tullett Prebon en date du 14/05/2012. Il est très rare de voir une firme de la City écrire une telle charge contre la politique du Royaume-Uni, présentée très directement comme un échec, où la communication sert à masquer l'incapacité à maîtriser les dépenses publiques et à tenter de tromper les investisseurs en titres souverains britanniques. Eux aussi prédisent un réveil brutal sur ce sujet à courte échéance.

(8) Le déficit de la balance des paiements US atteint un plus haut depuis 2009. Source : MarketWatch, 14/06/2012

(9) Comme le découvrent par exemple les détenteurs de titres de RBS. Source : Telegraph, 30/05/2012

Vendredi 1 Février 2013
LEAP/E2020
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GEAB N°88 - Sommaire

- Publié le 15 octobre 2014 -

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