GEAB en juin 2007 - Eté 2007 : La Fed perd le contrôle de l'évolution des taux d'intérêts US et la crise commence à toucher la Chine et l'UE...


- Extrait GEAB N°16 (15 juin 2007) -



GEAB en juin 2007 - Eté 2007 : La Fed perd le contrôle de l'évolution des taux d'intérêts US et la crise commence à toucher la Chine et l'UE...
L'élément fondamental de ce 2° trimestre 2007, et qui va bousculer les anticipations de la majorité des acteurs pour les mois à venir, reste certainement l'échec définitif simultané des deux stratégies clés des dirigeants américains à savoir :

. en matière économique, financière et monétaire, l'échec désormais complet de la politique de la Fed (Réserve Fédérale américaine) entamée il y a un an lors de la cessation de la parution de M3, visant à substituer une bulle financière et boursière à la bulle immobilière en implosion pour maintenir la croissance (et donc l'attractivité capitalistique) des Etats-Unis qui conduit à une perte historique de contrôle par la Fed de l'évolution des taux d'intérêts US (une première depuis 1918, hormis période de guerre et de dépression économique et sociale).

. en matière militaire, stratégique et diplomatique, l'échec dorénavant avéré du plan de stabilisation de l'Irak qui survient sur fond de paralysie quasi-complète du pouvoir politique à Washington (sur lequel l'équipe LEAP/E2020 reviendra dans le GEAB N°17 - sur abonnement.

Le Printemps 2007 aura ainsi marqué le point d'inflexion de la phase d'impact de la crise systémique globale : entrée en récession de l'économie américaine, rétablissement de la courbe des taux d'intérêts aux Etats-Unis, crise sur les marchés obligataires, premiers impacts de la crise des prêts à risque sur les grands établissements financiers US comme Bear Stearns (1) et Goldman Sachs (2) ou encore Freddie Mac (3), accélération de la crise immobilière américaine (4), paralysie croissante du pouvoir politique à Washington (5), isolement croissant des Etats-Unis sur la scène internationale, échec avéré du plan de sécurisation de l'Irak, impuissance US face à l'Iran, échec de la relance du processus de paix israëlo-arabe, tensions commerciales croissantes entre la Chine et les Etats-Unis, sortie du Dollar d'un nombre croissant de pays arabes (Koweit, Syrie,...), etc... Mais c'est indiscutablement, selon les chercheurs de LEAP/E2020, ce double échec simultané de la Fed et de la Maison Blanche (et du Pentagone) qui affecte directement l'évolution de la crise systémique globale pour les mois à venir, en précipitant notamment l'UE et la Chine dans le « vide » créé par ce double échec US, tout en plongeant les Etats-Unis dans la « recessflation ».

Evolution du montant des actifs financiers américains détenus par le reste du monde / Source Réserve Fédérale US - PrudentBear
Evolution du montant des actifs financiers américains détenus par le reste du monde / Source Réserve Fédérale US - PrudentBear
Concernant les conséquences de l'échec de la tentative de relance économique menée par Ben Bernanke, la perte de contrôle de l'évolution des taux d'intérêts US par la même Fed est certainement un phénomène historique (6).

Ainsi, le discours officiel actuel, porté par la FED, prétend que l'économie américaine va connaître à nouveau une croissance forte dans les prochains mois et réduit à une anecdote l'effondrement de la croissance US au premier trimestre (à seulement 0,6%) en pronostiquant une croissance à 2,5% voire 3% pour l'année 2007 (7) alors que par exemple les dernières prévisions économiques de l'ONU placent la croissance américaine à 0,5% pour 2007 et 2008 (8). L'équipe de LEAP/E2020 a pour sa part, dès le mois de Mars, anticipé une croissance sous les 1% pour le 3° trimestre 2007 (avec les 0,6% du premier trimestre, cela plaide pour une croissance annuelle inférieure à 2% dans le meilleur des cas, et probablement plutôt pour une décroissance au final).

Evolution du montant des liquidités dégagées par les propriétaires immobiliers américains entre 1991 et 2006 / Source Washington Post - Alan Greenspan et James E. Kennedy
Evolution du montant des liquidités dégagées par les propriétaires immobiliers américains entre 1991 et 2006 / Source Washington Post - Alan Greenspan et James E. Kennedy
Pourtant ce discours officiel est contredit par les indicateurs objectifs disponibles (performances des entreprises, emploi, ...), même s'il est soutenu par certains indicateurs soigneusement concoctés par les ministères ou des indices subjectifs qui reflètent en particulier la mise en condition de l'opinion par le discours dominant. LEAP/E2020 a déjà eu largement l'occasion de dévoiler le fonctionnement de ces mécanismes au cours de l'année 2006.; et dans le GEAB N°16, notre équipe de chercheurs détaille plusieurs indicateurs objectifs qui permettent d'anticiper précisément le cours de l'économie américaine pour les trimestres à venir (notamment la montée cachée du chômage, le phénomène de surévaluation de la croissance US grâce au « PNB fantôme » et l'impact de plus en plus destructeur de la crise immobilière et des crédits immobiliers à risque).

L'action de la Fed depuis plus d'un an, caractérisée notamment par une opacité quasi-complète sur la réalité des actions engagées en matière de masse monétaire élargie et les évolutions des avoirs mondiaux en Dollars US, comme l'a incarné l'arrêt de la publication de M3 fin Mars 2006 (9), s'avère donc être un échec complet. La tentative de substituer une bulle financière/boursière à la bulle immobilière, comme Greenspan l'avait fait en substituant la bulle immobilière à la bulle internet, pour maintenir la croissance US n'a pas réussi.

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Notes :

(1) C'est Bear Stearns qui a ouvert le bal avec une baisse de 10% de ses revenus au second trimestre du fait de la crise des prêts à risque. Et le 2° trimestre n'est que le premier d'une série qui vont connaître l'impact complet de cette crise qui ne fait que commencer (comme décrit dans les derniers Global Europe Anticipation Bulletin. Les déclarations des dirigeants de Bear Stearns illustre d'ailleurs bien ce qui attend l'ensemble des grandes banques d'affaires américaines: annonce qu'au-delà des « subprimes », les prêts Atl-A (moins risqués) sont désormais cause de pertes pour la société et liquidations de hedge funds lestés de près de 4 milliards d'actifs liés aux prêts hypothécaires. Source : Bloomberg, 14/06/2007

(2) Source : MarketWatch/DowJones, 14/06/2007

(3) Source : MarketWatch/DowJones, 14/06/2007

(4) La livraison de Juin 2007 de l'étude annuelle du « Joint Center for Housing Studies » de l'université d'Harvard sur l'évolution de l'immobilier américain indique très clairement que la crise immobilière n'est qu'à son début puisque « les prix ne font que commencer à baisser, les prêts les plus risqués ne font que commencer à entrer en période de refinancement, et la restriction du crédit vient juste de commencer ». Les principales conséquences sur la sphère financière, la consommation et l'emploi sont encore à venir et vont se matérialiser de plus en plus brutalement dès l'été 2007.

(5) Le taux de popularité du président G.W. Bush est tombé à 29% contre 66% de mécontents (son score le plus mauvais depuis son arrivée au pouvoir). Dans le même sondage du Wall Street Journal / NBC, rapporté par MarketWatch/Dow Jones du 13/06/2007, 68% des américains estiment que le pays est engagé dans la mauvaise direction. Et ils ne sont que 23% à juger positif l'action du Congrès démocrate élu il y a un an. L'Irak et l'économie étant les facteurs clés déterminant l'opinion publique américaine actuellement, on ne peut que noter un gouffre immense entre les chiffres « officiels » et les déclarations optimistes sur l'économie US d'une part, et l'opinion des citoyens américains sur l'état de leur pays d'autre part.

(6) La partie concernant l'aspect militaire et stratégique sera présentée plus en détail dans le GEAB N°17 (sur abonnement.

(7) Source : GlobalInsight.

(8) Source : Rob Vos, Directeur du Département d'Analyse et Prévision de la Direction des affaires économiques et sociales, ONU, 30/05/2007

(9) Cet arrêt de la publication de M3 fin Mars 2006 avait été annoncée par LEAP/E2020 dans le GEAB N°2 de Février 2006.

Lundi 30 Août 2010

GEAB N°61 - Sommaire

- Publié le 15 janvier 2012 -

Crise systémique globale - 2012 : L'année du grand basculement géopolitique mondial
Avec ce GEAB N°61, cela fera six ans que chaque mois l'équipe de LEAP/E2020 partage avec ses abonnés et les lecteurs de son communiqué public mensuel ses anticipations sur l'évolution de la crise systémique globale. Et pour la première fois, à l'occasion du numéro de Janvier qui présente une synthèse de nos anticipations pour l'année à venir, notre équipe anticipe une année qui ne se traduira pas uniquement par une aggravation de la crise mondiale mais qui sera aussi caractérisée par l'émergence des premiers éléments constructifs du « monde d'après la crise »… (page 2)
Lire communiqué public

USA 2012: En route vers la tragédie du QE3
La politique financière des USA se trouve confrontée aujourd’hui à la crise des dettes souveraines dont elle sera la victime ultime en 2012. Comme anticipé par LEAP/E2020, le détonateur des dettes européennes de 2011 a bien allumé la bombe souveraine américaine de 2012, même si la couverture médiatique tente désespérément de faire croire le contraire. La vente massive de Bons du Trésor US par les grandes banques centrales de la planète au second semestre 2011 illustre d'ailleurs parfaitement cette situation… (page 7)
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ANTICIPATIONS 2012 - ‘20-UP AND 15-DOWN’, TRENTE-CINQ TENDANCES-CLES POUR 2012
Up ou Down ? La paralysie politique aux Etats-Unis ; La City et Wall Street ; L'Occident en tant que communauté d'intérêt et de valeurs ; La hausse des taux d'intérêt ; La confiscation de la valeur à Wall Street et la City ; La valeur des réserves chinoises ; La Livre sterling (et les Gilts) ; L'émergence du nouveau souverain européen : l'Euroland ; La « petite guerre froide » USA-Chine ; L'Italie ; La crise de l'Euro ; L'importance du Dollar US dans les transactions commerciales mondiales ; Les agences de notation ; Le « grand emprunt public européen » (GEPE) ; MerkHollMont ; Ron Paul ; La poursuite du retour de l'or dans le système monétaire international ; La récessflation ; Le nombre, la taille et l'influence des banques occidentales ; Sarkozy, Cameron, Netanyahou et Medvedev ; La maturation des BRICS comme acteur mondial pro-actif ; La sortie de la Turquie du camp occidental ; L'Eurotaxe Tobin ; Les forces laïques et pro-occidentales dans le monde musulman ; La croissance ; Les procès de dirigeants de banques et de hedge funds ; La fracture du système monétaire mondial en trois zones : Dollar, Euro, Yuan ; La décote généralisée des dettes publiques occidentales ; La colère des peuples ; L'UE en tant que principale incarnation de l'Europe ; QE3 comme arme ultime pour sauver l'économie US ; La capacité des USA à intervenir militairement ; Le détroit d'Ormuz et un nouveau contexte de crise au Moyen-Orient ; L'indépendance de l'Ecosse; L'utilité du G20 (page 19)
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Le GlobalEurometre - Résultats & Analyses
On note un renforcement de la majorité estimant que les solutions européennes communes à la crise sont plus efficaces que les solutions nationales (80% en Janvier 2012 contre 77% en Décembre 2011)… (page 33)
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