|
GLOBAL SYSTEMIC CRISIS Press clippings
Gadhafi regime missiles missingUSA Today
Jim Messina Visits Wall StreetThe Nation
QE3 remains on the table, Fed's Williams saysMarket Watch
The Fed is Engineering Obama’s Re-Election CampaignGlobal Money Trends
|
Facteur N°4 - Récession économique aux Etats-Unis- Extrait GEAB N°19 (15 novembre 2007) -
Les abonnés au GEAB savent depuis le 16 novembre 2007 que les Etats-Unis sont entrés en récession à ce moment-là... les médias classiques viennent de l'admettre - en décembre 2008.
LEAP/E2020 estime que l'économie américaine est entrée en récession dès le début 2007. Et nous continuons à confirmer cette analyse malgré les statistiques officielles publiées par les autorités américaines. Au-delà de l'anticipation de l'impact de la récession économique américaine sur les banques opérant aux Etats-Unis, il nous paraît utile d'analyser aussi dans cette partie du GEAB N°19 à quel point les statistiques officielles américaines sont devenues totalement surréalistes. Pour ceux qui les concoctent et les diffusent, elles ne sont en effet plus censées décrire la réalité mais au contraire maintenir la crédibilité d'une fiction qui masque la réalité. Depuis le début de la parution du GEAB, notre équipe a eu l'occasion à plusieurs reprises de démontrer comment et avec quelle ampleur les chiffres officiels américains étaient purement et simplement trafiqués pour satisfaire aux exigences politico-économiques du moment. Chiffres de l'inflation, du chômage, de l'emploi, de la croissance, du PNB... , nous avons déjà détaillé nombre de manipulations qui rendent ces statistiques sans intérêt pour connaître l'état et anticiper l'évolution de l'économie américaine. D'ailleurs, si elles l'osaient, il est probable que ces mêmes autorités feraient subir à ces statistiques le même sort qu'elles ont fait subir il y a 18 mois à M3, à savoir arrêter purement et simplement leur publication (1). Mais évidemment, la visibilité et l'importance politico-économique de ces statistiques rendent impossible cette solution. Alors, comme nombre d’autres gouvernements le font ailleurs, il ne reste plus qu'à truquer les chiffres en espérant que la réalité se rapprochera de la fiction. La France sur le chômage ou le Royaume-Uni sur la pauvreté ne font pas autre chose. L'URSS et les pays du bloc communiste étaient passés maîtres dans cet art de déconnecter complètement les statistiques de la moindre réalité. Il semble à nos chercheurs que les dirigeants américains s'orientent là aussi (2) dans une direction identique. Pour compléter la longue liste des statistiques déjà analysées par LEAP/E2020 depuis près de deux années, nous examinerons rapidement deux statistiques « clés » destinées à indiquer que l'économie américaine n'est pas en récession : le chiffre de l'emploi et le taux de chômage. Le dernier chiffre officiel de l'emploi aux Etats-Unis (Octobre 2007) serait de +166.000 avec un taux de chômage stable à 4,7% de la population à la recherche d'un emploi (3) : signes d'une économie, certes un peu anémique, mais somme toute allant de l'avant. Le problème avec ce chiffre (et ceux des mois précédents), c'est qu'il s'appuie sur de supposées créations d'emploi dans des secteurs hautement improbables. Ainsi, pour Octobre 2006, les 166.000 créations nettes seraient notamment atteintes grâce à 25.000 nouveaux emplois dans la finance et 14.000 dans la construction. Or, ces deux secteurs sont sinistrés et, depuis plusieurs mois, il ne se passe par une journée sans que soient annoncées des faillites d'entreprises et des licenciements massifs. D'ailleurs, une autre statistique gouvernementale sur l'emploi calculée à partir des ménages américains, et qui, fort malencontreusement, ne bénéficie pas de la même publicité que la précédente, a conclu quant à elle à une perte nette de 211.000 emplois en Octobre 2007 (4).
Evolution de l'emploi aux Etats-Unis (Septembre 2001 – Avril 2007) - Comparaison des deux méthodes de calcul – Source Befuddledmonkey
Pourquoi un tel écart ? Tout simplement du fait d'un biais statistique bien connu des services du «Bureau of Labor Statistics » puisqu'ils vont jusqu’à l’indiquer sur leur site (5) : « L'inconvénient le plus important de ce modèle ou de tout approche fondée sur des séries chronologiques est que la modélisation suppose une poursuite prévisible de l'évolution historique et des relations et, par conséquent, est susceptible d'avoir quelques difficultés à produire des estimations fiables lors de retournements économiques ou pendant les périodes où il y a des changements soudain de tendance ». Autrement dit, le calcul de cet indicateur d'emploi n'est fiable que lorsqu'aucune variation importante n'affecte l'économie. Ce qui n'est pas vraiment le cas depuis plusieurs mois où la conjonction des crises immobilières et financières provoque une rupture brutale des tendances dominantes de l'économie US de ces dernières années. Pour parler encore plus clairement, selon notre équipe, cette statistique n'a strictement aucune valeur descriptive ou prédictive. Celle des ménages a au moins le mérite d'être fondée sur une enquête même si l'échantillon est très réduit.
Le taux de chômage résulte du même type de tour de « passe-passe » statistique. Comme il est fondé sur le nombre de personnes déclarant chercher un emploi au moment du sondage, il ne prend pas en compte par exemple les 465.000 Américains supplémentaires qui ont déclaré en Octobre dernier ne plus chercher de travail (alors qu’ils ne travaillent pas) De cette manière, le taux de chômage ne risque pas de devenir alarmant. Pour le reste, même les médias financiers commencent à employer de plus en plus ouvertement le terme de récession à propos, par exemple, de certaines parties des Etats-Unis, comme l'état de Californie, poids lourd économique du pays (13% du PIB US), au sujet duquel MarketWatch/DowJones s'interroge ouvertement : « La Californie est-elle en récession ? » (6). Son gouverneur, Arnold Schwarzenegger, a quant à lui déjà tranché en décidant de réduire de 10% les dépenses de l'Etat du fait de la baisse des rentrées fiscales (7). De l'autre côté du pays, c'est le New York Times qui se pose la question « Recession? What recession? » et qui y répond dès la première ligne « Si ça ressemble à une récession et qu'on le ressent comme une récession .... ».
Californie - Maisons individuelles – Invendus en nombre de mois / Source Association Californienne des Promoteurs
Il s'agit en effet bien d'une récession avec pertes massives d'emplois dans quasiment tous les secteurs, appauvrissement généralisé de la population via l'éclatement de la bulle immobilière et les restrictions croissantes d'accès au crédit (8), baisse historique des prix de l'immobilier (9), chute rapide et continue de la valeur de la monnaie (10), baisse accélérée des rentrées fiscales à tous les niveaux (local, national et fédéral) (11), stagnation de la consommation des ménages (12)... Pour LEAP/E2020, les statistiques officielles ne pourront pas longtemps cacher la réalité car les chiffres qui proviennent d'autres sources (entreprises, fondations, centres indépendants de recherche...) convergent toutes dans la même direction : la récession est bien là !
Pour les grandes banques opérant aux Etats-Unis et, en ce domaine, tout particulièrement pour les banques américaines, c'est le facteur fatal en terme de revenus et d'actifs. Avec des consommateurs et des entreprises piégés dans une récession, c'est l'ensemble de leur « business model » de ces dix dernières années qui s'effondre. La sphère financière de Wall Street ne peut plus générer de profits faute d'une économie réelle en mesure de dégager des marges, faute d'opérateurs capables de rembourser leurs emprunts, faute d'entreprises en développement. Et la baisse du dollar ne compensera pas cette évolution. Elle va en revanche importer une forte inflation, comme mentionné déjà dans de précédents GEAB. Ce qui n'est pas non plus une bonne nouvelle pour un bilan des banques adossé à des montagnes de prêts.
---------
Notes: (1) Voir le communiqué de LEAP/E2020 du 24 Mars 2006. (2) Voir dans le GEAB N°18, nos analyses sur le fonctionnement de plus en plus « sous influence » des bourses américaines. (3) Source : US Bureau of Labor Statistics, 02/11/2007 (4) Source : New York Times, 03/11/2007 (5) Source : US Bureau of Labor Statistics, CES Net Birth/Death Model (6) Source : MarketWatch/DowJones}, 09/11/2007 (7) Source : CApoliticalnews, 06/11/2007 (8) Source : CNBC, 02/11/2007 (9) Source : National Realty News, 31/10/2007 (10) Et même Bloomberg s'attarde sur le fait qu'une vedette du rap américain choisit de montrer des liasses de billets de 500 euros au lieu de Dollars dans son dernier clip. Sources : Bloomberg, 14/11/2007 et YouTube, 19/11/2007 . (11) Source : USAToday, 31/10/2007 (12) Source : MarketWatch/DowJones, 08/11/2007 Jeudi 11 Décembre 2008
Dans la même rubrique :
|
GEAB N°61 - Sommaire- Publié le 15 janvier 2012 -
Crise systémique globale - 2012 : L'année du grand basculement géopolitique mondial
Avec ce GEAB N°61, cela fera six ans que chaque mois l'équipe de LEAP/E2020 partage avec ses abonnés et les lecteurs de son communiqué public mensuel ses anticipations sur l'évolution de la crise systémique globale. Et pour la première fois, à l'occasion du numéro de Janvier qui présente une synthèse de nos anticipations pour l'année à venir, notre équipe anticipe une année qui ne se traduira pas uniquement par une aggravation de la crise mondiale mais qui sera aussi caractérisée par l'émergence des premiers éléments constructifs du « monde d'après la crise »… (page 2) Lire communiqué public USA 2012: En route vers la tragédie du QE3 La politique financière des USA se trouve confrontée aujourd’hui à la crise des dettes souveraines dont elle sera la victime ultime en 2012. Comme anticipé par LEAP/E2020, le détonateur des dettes européennes de 2011 a bien allumé la bombe souveraine américaine de 2012, même si la couverture médiatique tente désespérément de faire croire le contraire. La vente massive de Bons du Trésor US par les grandes banques centrales de la planète au second semestre 2011 illustre d'ailleurs parfaitement cette situation… (page 7) S'abonner ANTICIPATIONS 2012 - ‘20-UP AND 15-DOWN’, TRENTE-CINQ TENDANCES-CLES POUR 2012 Up ou Down ? La paralysie politique aux Etats-Unis ; La City et Wall Street ; L'Occident en tant que communauté d'intérêt et de valeurs ; La hausse des taux d'intérêt ; La confiscation de la valeur à Wall Street et la City ; La valeur des réserves chinoises ; La Livre sterling (et les Gilts) ; L'émergence du nouveau souverain européen : l'Euroland ; La « petite guerre froide » USA-Chine ; L'Italie ; La crise de l'Euro ; L'importance du Dollar US dans les transactions commerciales mondiales ; Les agences de notation ; Le « grand emprunt public européen » (GEPE) ; MerkHollMont ; Ron Paul ; La poursuite du retour de l'or dans le système monétaire international ; La récessflation ; Le nombre, la taille et l'influence des banques occidentales ; Sarkozy, Cameron, Netanyahou et Medvedev ; La maturation des BRICS comme acteur mondial pro-actif ; La sortie de la Turquie du camp occidental ; L'Eurotaxe Tobin ; Les forces laïques et pro-occidentales dans le monde musulman ; La croissance ; Les procès de dirigeants de banques et de hedge funds ; La fracture du système monétaire mondial en trois zones : Dollar, Euro, Yuan ; La décote généralisée des dettes publiques occidentales ; La colère des peuples ; L'UE en tant que principale incarnation de l'Europe ; QE3 comme arme ultime pour sauver l'économie US ; La capacité des USA à intervenir militairement ; Le détroit d'Ormuz et un nouveau contexte de crise au Moyen-Orient ; L'indépendance de l'Ecosse; L'utilité du G20 (page 19) S'abonner Le GlobalEurometre - Résultats & Analyses On note un renforcement de la majorité estimant que les solutions européennes communes à la crise sont plus efficaces que les solutions nationales (80% en Janvier 2012 contre 77% en Décembre 2011)… (page 33) S'abonner
|
Téléchargez GEAB N°61 (abonnés)




Crise systémique globale - USA 2012/2016 : Un pays insolvable et ingouvernable