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Notes:
(1) Plus de 1.500 milliards € par an en 2011 et 2012, en incluant bien entendu le Royaume-Uni.
(2) C'est le marché des bons municipaux US (les «
Munis ») qui sert à financer les infrastructures locales de transport, de santé, d'éducation, d'assainissement, … Il pèse près de 2.800 milliards USD.
(3) Source :
Reuters, 08/11/2010
(4) Dans un article du 20/11/2010,
SafeHaven s'étonne d'ailleurs ouvertement de l' «
omerta » des grands médias financiers sur le sujet.
(5) Le Financial Times a par exemple recommencé depuis un mois à consacrer deux ou trois articles par jour en une de son site à la soi-disant « crise de l'Euro » ainsi qu'à manipuler les informations comme les déclarations des dirigeants allemands, afin de créer artificiellement des sentiments d'inquiétude. Enfin, même certains médias français commencent à se rendre compte de la formidable machine d'Agitprop qu'est devenue le Financial Times comme le prouve ce récent article de
Jean Quatremer du journal Libération.
(6) A titre de comparaison, aucun investisseur n'a perdu d'argent dans les « épisodes grecs et irlandais » de la « crise de l'Euro », alors qu'ils sont des dizaines de milliers à avoir perdu des sommes très importantes dans le récent crash des Munis US … pourtant les médias parlent du premier et pas du second.
(7) Comme déjà analysé dans les GEAB précédents, LEAP/E2020 tient à rappeler que le discours sur la « crise de l'Euro » est du même ordre que celui sur l'épidémie de grippe H1N1 il y a un an, à savoir une vaste opération de manipulation d'opinions publiques destinée à servir deux objectifs : d'une part, détourner l'attention des opinions publiques de problèmes plus graves (avec H1N1, c'était la crise elle-même et ses conséquences socio-économiques ; avec l'Euro, c'est tout simplement pour détourner l'attention de la situation aux Etats-Unis et au Royaume-Uni) ; d'autre part, servir les buts d'opérateurs très intéressés à créer cette situation de crainte (pour H1N1 c'était les laboratoires pharmaceutiques et autres prestataires connexes ; pour l'Euro, ce sont les opérateurs financiers qui gagnent des fortunes en spéculant sur les dettes publiques des pays concernés (Grèce, Irlande, …). Mais tout comme la crise de la grippe H1N1 s'est terminée en mascarade avec des gouvernements empêtrés dans des stocks monstrueux de vaccins et de masques sans plus de valeur, la soi-disant crise de l'Euro va se finir avec des opérateurs qui devront convertir à vil prix leurs bons si « rentables » tandis que ce sont leurs Dollars qui continueront à se dévaluer. L'été 2010 a pourtant déjà montré la direction des évènements. Source :
Bloomberg, 18/11/2010
(8) Conformément à la
méthodologie d'anticipation politique, notre équipe a bien entendu examiné depuis plusieurs années la possibilité que l'Euro disparaisse ou s'effondre. Sa conclusion est sans appel car nous n'avons identifié qu'une seule configuration où une telle évolution serait réalisable : il faudrait qu'au moins deux Etats importants de la zone Euro soient dirigés par des forces politiques souhaitant renouer avec les conflits intra-européens. Cette option a, selon notre équipe, une probabilité égale à zéro pour les deux prochaines décennies (notre durée maximale d'anticipation en matière politique). Donc, exit ce scénario, même si cela rend triste certains nostalgiques du Deutsche Mark, du Franc … , certains économistes qui croient que la réalité prête la moindre attention aux théories économiques, et certains Anglo-Saxons qui ne peuvent imaginer sans douleur un continent européen qui trace son chemin économique et financier sans eux. Même Mervyn King, le patron de la Banque d'Angleterre, croit à une intégration accélérée de la zone Euro sous l'effet de la crise, d'après Wikileaks qui relate ses conversations avec des diplomates américains (source :
Telegraph, 06/12/2010). Notre travail, pour ce qui est de l'Euro, se concentre donc sur l'anticipation du laborieux parcours d'adaptation de la zone Euro à son nouveau statut d'Euroland, dans le contexte de la crise systémique globale. Au passage, il est utile de noter que cette débauche de critiques et analyses que prodiguent pour l'essentiel les médias américains et surtout britanniques a une utilité indéniable pour les responsables de l'Euroland : elle éclaire tous les recoins du chemin de la zone Euro, condition sine qua non pour éviter les écueils. C'est paradoxal, mais c'est un avantage dont ne bénéficient ni les dirigeants britanniques, ni les dirigeants américains … sauf quand ils lisent GEAB.
(9) Et non pas par rapport à des devises « sur mesure » comme c'est le cas pour le
Dollar Index.
(10) Le New York Times a mis en ligne un jeu très instructif intitulé « Vous réglez le problème budgétaire » qui permet à chaque internaute de tenter de rétablir l'état des finances publiques fédérales en fonction de ses priorités socio-économiques et politiques. N'hésitez pas à vous placer dans la peau d'un décideur de Washington et vous constaterez que seule la volonté politique manque pour régler le problème. Source :
New York Times, 11/2010
(11) Sources :
CNBC, 26/11/2010 ;
Le Temps, 10/12/2010 ;
USAToday, 30/11/2010 ;
New York Times, 04/12/2010
(12) Les Etats-Unis finançant leurs déficits par une ponction quotidienne énorme de l'épargne mondiale disponible, la crédibilité et l'efficacité diplomatique du pays sont donc deux paramètres essentiels pour sa survie financière. Or les récentes révélations de Wikileaks sont très dommageables à la crédibilité du Département d'Etat, tandis que le récent échec complet des nouvelles négociations Israël-Palestine illustre une inefficacité croissante de la diplomatie américaine, déjà bien sensible lors du dernier G20 de Séoul. Voir analyse plus détaillée dans ce GEAB N°50. Sources :
Spiegel, 08/12/2010 ;
YahooNews, 07/12/2010 ;
YahooNews, 08/12/2010
(13) Même les responsables chinois estiment que la situation fiscale américaine est nettement pire que celle de l'Euroland. Source :
Reuters, 08/12/2010
(14) Islande, Irlande … Royaume-Uni, Etats-Unis, c'était la suite infernale de l'insolvabilité souveraine qu'avait anticipée LEAP/E2020 il y a plus de deux ans. Le processus suit son cours à une vitesse plus lente que nous l'avions prévue mais l’année 2011 risque de s'avérer une année de « rattrapage ». Le Royaume-Uni tente actuellement de se sauver au prix d'une formidable amputation socio-économique dont les violences étudiantes, y compris contre la famille royale (phénomène rarissime), témoignent de l'impopularité. Mais l'ampleur de son endettement, son isolement financier et le sauvetage par l'Etat de ses bombes bancaires (comme l'a fait l'Irlande) rendent cette fuite en avant très périlleuse, socialement, économiquement et financièrement. Quant aux Etats-Unis, leurs dirigeants semblent tout faire (en « ne faisant rien ») pour s'assurer que 2011 soit vraiment l'année de la «
Chute du Mur Dollar » comme l'avait anticipé LEAP/E2020 en Janvier 2006.
(15) Comme le souligne Liam Halligan dans le
Telegraph du 11/12/2010, cette évolution des taux ne présage rien de bon pour la dette US et traduit ce que l'équipe de LEAP/E2020 a anticipé il y a plus de deux ans déjà : nous atteignons le moment de vérité où l'épargne mondiale disponible ne suffit plus à satisfaire les besoins de l'Occident, et en particulier le besoin gargantuesque des Etats-Unis.
(16) Elément souligné depuis plus de quatre ans par l'équipe du GEAB.
(17) Fonds Européen de Stabilisation Financière, réglementation des hedge funds, limitation drastique des bonus bancaires, réglementation stricte des agences de notation, surveillance budgétaire, prochain renforcement de l'ensemble de la régulation financière du marché intérieur européen, première agence de notation de l'Euroland, … Sources :
European Voice, 26/10/2010 ;
Deutsche Welle, 05/11/2010 ;
Reuters, 13/07/2010 ;
ABBL, 08/12/2010 ;
BaFin, 16/11/2010
(18)
Wolfgang Schauble, le ministre des Finances allemand est pour l'instant le seul homme politique à oser clairement annoncer la couleur dans sa récente interview au magazine populaire
Bild, dans laquelle il indique que, d'ici dix ans, les pays de l'Euroland auront réalisé une véritable intégration politique. Karl Lamers, son collègue en charge des affaires européennes au sein de la CDU identifie quant à lui la crise à une chance pour l'Europe et pour l'Allemagne, tout comme d'ailleurs la trop rare voix américaine de Rex Nutting dans le
Wall Street Journal du 08/12/2010. Côté technocrate, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, appelle lui à une « fédération budgétaire » de l'Euroland. Sources :
EUObserver, 13/12/2010 ;
DeutschlandFunk, 09/12/2010 ;
EUObserver, 01/12/2010
(19) Depuis plus d'une décennie, les opinions publiques des pays de l'Euroland sont en effet beaucoup plus « intégrationnistes » que leurs élites. Ainsi, le rejet du projet de Constitution européenne en 2005 en France et aux Pays-Bas n'aurait jamais eu lieu sans la participation d'une partie des « pro-Européens » au vote « Non ». Ils rejetaient ainsi ce qu'ils estimaient être un projet trop timide en matière politique, démocratique et sociale.
(20) Les dirigeants européens sont un peu comme la tortue de la fable de Jean de La Fontaine «
Le lièvre et la tortue » … mais dont la course serait commentée par des lièvres !
(21) A ce propos, ces futurs dirigeants politiques de l'Euroland seraient bien inspirés de s'entraîner à apprendre au plus vite à gérer l'Euroland grâce aux deux jeux interactifs,
Economia et Inflation Island, que la Banque Centrale Européenne vient de mettre à disposition du public.
(22) Comme le répète LEAP/E2020 depuis près de deux ans, l'austérité européenne n'est politiquement viable que si elle s'accompagne d'une indéniable équité fiscale et sociale et de la mise en place de grands projets démocratiques et sociaux à l'échelle de l'Euroland. C'est là que se trouve à moyen/long terme la vraie faiblesse de l'Euroland ; pas dans les dettes souveraines des pays périphériques. En guise d'illustration de cet aspect, il est utile de regarder la très intéressante série de reportages vidéos que le
New York Times a réalisée au cours de l'été 2010, intitulée « The Austerity Zone: Life in the New Europe ».
(23) Au vu de l'évidente difficulté des élites américaines à comprendre les processus en cours en Europe, LEAP/E2020 souhaite apporter sa contribution au débat qui fait actuellement rage sur les campus universitaires US où l'austérité budgétaire entraîne des coupes sombres dans les enseignements linguistiques. Un exemple parfait des deux tendances semble être
Richard N. Haas, ancien responsable clé de l'US State Department de l'administration de GW Bush, et maintenant le président de l'influent
Council on Foreign Relations, qui préconise fortement de bouter les langues française, allemande et russe hors des campus américains. Avec de tels conseillers "éclairés et honnêtes", (définis comme ayant « un déficit intellectuel » pour comprendre le monde au 21e siècle lors des
séminaires GlobalEurope de La Haye et Washington en 2004/2005), les étudiants américains sont condamnés à être de moins en moins en mesure de comprendre le monde de demain. Par conséquent, LEAP/E2020 estime opportun de diffuser à nouveau son anticipation de 2007 intitulée '
Quelles langues parleront les Européens en 2025?'.
(24) Ce seront des obligations qui seront empruntées par l’ensemble des pays de l'Euroland et par d'autres états-membres de l'UE qui souhaiteront s'y associer comme l'ont fait en Mai 2010 les autres pays, sauf le Royaume-Uni, pour le Fonds Européen de Stabilisation Financière.
(25) Malgré les dénégations des officiels français et allemands, ces Eurobligations sont au menu de toutes les discussions informelles des dirigeants de l'Euroland. Source :
Euroinvestor, 10/12/2010
(26) Il est probable d'ailleurs que la montée en puissance des renouvellements politiques prévus en France dès le Printemps 2012, et peut-être à cette date aussi en Allemagne, feront de ces sujets de vrais thèmes de campagne dès la fin de l'été 2011.
(27) Liam Halligan, décidément l'un des meilleurs observateurs britanniques de la crise globale, a ainsi tout-à-fait raison de souligner dans le
Telegraph du 27/11/2010 qu'Angela Merkel (et bien d'autres responsables de l'Euroland) a bien l'intention de faire payer aux investisseurs une part significative de leurs paris irlandais, grecs, … Mais cela se fera de manière organisée, selon une stratégie efficace et brutale dont les Etats forts ont l'habitude ; pas dans la panique, à l'occasion d'une mini-crise.
(28) Et dont nous répétons que, selon nos anticipations, ils seront probablement les dirigeants politiques les plus indépendants du lobby bancaire depuis les années 1990.
(29) Ce sera aussi un moyen organisé de réduire « manu militari » le bilan dégradé des grandes banques européennes.