Vendredi dernier, les principaux médias et opérateurs financiers titraient sur "Des résultats surprenamment bons en matière d’emplois américains hors-agriculture en décembre 2006" (+167.000). Sur la base de ces « données factuelles », les mêmes opérateurs inondaient immédiatement les marchés de la ‘conclusion’-clé à laquelle ils se raccrochent tous depuis des mois : l’économie américaine montre sa capacité de résistance et le scénario de l’ "atterrissage en douceur" se met en place. Doit-on se satisfaire de cela ? Ou bien s’agit-il d’un nouvel exemple du proverbe de Lao Tseu ?
D’après l’équipe de chercheurs de LEAP/E2020, c’est bien là un nouveau cas Lao-Tseu. Tâchons par conséquent d’y voir plus clair sur ce qu’est la lune et ce qu’est le doigt dans le cas présent. Et attardons-nous sur le niveau de fiabilité des chiffres fournis par le Département américain de l’Emploi (US Department of Employment) en étudiant le chapitre sur la "Fiabilité des estimations" de la "Note Technique sur la Situation de l’Emploi" ("Employment Situation Technical Note.
Dans ce chapitre, on apprend que, parce que l’intervalle de confiance pour l’évolution mensuelle de l’emploi total calculé à partir de l’enquête auprès des ménages est de l’ordre de plus ou moins 430.000, cela signifie qu’il y a 90% de chances pour que le chiffre de décembre 2006 se situe en fait quelque part entre – 263.000 et + 597.000. La note technique explique en effet que "Ces chiffres ne signifient pas que les résultats soient éloignés dans une telle mesure, mais plutôt qu’il y a 90% de chances pour que l’évolution mensuelle réelle se situe dans cet intervalle. Etant donné que cette marge comprend des valeurs en dessous de zéro, on ne peut pas dire avec certitude que l’emploi a en fait augmenté."
Selon l’équipe LEAP/E2020, une telle limitation à la fiabilité des statistiques en question les rabaisse au rang de simple information contextuelle (voire de pure fantaisie).
Comme Chris Isidore, rédacteur à CNNMoney.com, le souligne justement dans son article du 5 janvier, "la progression du quatrième trimestre est en dessous de celle du troisième trimestre, et l’année 2006 a enregistré 143.000 nouveaux emplois en moins qu’en 2005, soit l’équivalent de près d’un mois d’embauche. Et encore ceci est-il une comparaison avec une année où les ouragans Katrina et Rita avaient déjà grignoté leur part d’emplois".
Pendant que John Williams du Shadow Government Statistics ajoute que "A propos des chiffres de l’emploi, des comptes-rendus et des révisions plutôt inhabituels ont encore été publiés pour le mois de décembre. Les conditions d’emploi ne sont pas loin d’indiquer une récession, mais chaque mois, en dehors du processus de révision annuelle, fait sans précédent, le Bureau des Statistiques de l’Emploi intègre aux périodes antérieures des révisions à la hausse. Les révisions sont suffisamment inhabituelles pour que le Bureau ait dû publier une déclaration le mois dernier selon laquelle les changements ne sont pas sans précédent. Quelque chose de vraiment étrange se passe au royaume des comptes-rendus statistiques".
Plus à propos de l’évolution réelle de l’économie américaine dans GEAB N°11 – publication le 15 janvier (sur abonnement...
D’après l’équipe de chercheurs de LEAP/E2020, c’est bien là un nouveau cas Lao-Tseu. Tâchons par conséquent d’y voir plus clair sur ce qu’est la lune et ce qu’est le doigt dans le cas présent. Et attardons-nous sur le niveau de fiabilité des chiffres fournis par le Département américain de l’Emploi (US Department of Employment) en étudiant le chapitre sur la "Fiabilité des estimations" de la "Note Technique sur la Situation de l’Emploi" ("Employment Situation Technical Note.
Dans ce chapitre, on apprend que, parce que l’intervalle de confiance pour l’évolution mensuelle de l’emploi total calculé à partir de l’enquête auprès des ménages est de l’ordre de plus ou moins 430.000, cela signifie qu’il y a 90% de chances pour que le chiffre de décembre 2006 se situe en fait quelque part entre – 263.000 et + 597.000. La note technique explique en effet que "Ces chiffres ne signifient pas que les résultats soient éloignés dans une telle mesure, mais plutôt qu’il y a 90% de chances pour que l’évolution mensuelle réelle se situe dans cet intervalle. Etant donné que cette marge comprend des valeurs en dessous de zéro, on ne peut pas dire avec certitude que l’emploi a en fait augmenté."
Selon l’équipe LEAP/E2020, une telle limitation à la fiabilité des statistiques en question les rabaisse au rang de simple information contextuelle (voire de pure fantaisie).
Comme Chris Isidore, rédacteur à CNNMoney.com, le souligne justement dans son article du 5 janvier, "la progression du quatrième trimestre est en dessous de celle du troisième trimestre, et l’année 2006 a enregistré 143.000 nouveaux emplois en moins qu’en 2005, soit l’équivalent de près d’un mois d’embauche. Et encore ceci est-il une comparaison avec une année où les ouragans Katrina et Rita avaient déjà grignoté leur part d’emplois".
Pendant que John Williams du Shadow Government Statistics ajoute que "A propos des chiffres de l’emploi, des comptes-rendus et des révisions plutôt inhabituels ont encore été publiés pour le mois de décembre. Les conditions d’emploi ne sont pas loin d’indiquer une récession, mais chaque mois, en dehors du processus de révision annuelle, fait sans précédent, le Bureau des Statistiques de l’Emploi intègre aux périodes antérieures des révisions à la hausse. Les révisions sont suffisamment inhabituelles pour que le Bureau ait dû publier une déclaration le mois dernier selon laquelle les changements ne sont pas sans précédent. Quelque chose de vraiment étrange se passe au royaume des comptes-rendus statistiques".
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